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Juillet 2016: Aucune avancée significative

concernant la pollution de la Baie de Somme !!!!

Dans le bulletin municipal on apprend que le projet d'une nouvelle station d'épuration tient toujours. Comme d'habitude, une enquête est lancée. (Société Amodiag).

On apprend aussi avec stupeur que l'étude sur la quantification des différentes pollutions affectant la Baie de Somme, commencée en 2014, n'est pas encore terminée. Vous comprenez que l'on s'ingénie à noyer le poisson (impropre à la consommation), et à retarder ainsi toute action qui coûterait inévitablement.

Selon les locaux, la Socopi, appelée maintenant Syndicat mixte Baie de Somme, Grand Littoral Picard est le maître d'oeuvre du Centre Conchylicole du Crotoy (CCC). Il jouerait la montre pour éviter de payer les travaux pour réparer l'erreur de conception du centre. La mise aux normes devrait être financée par la garantie décennale, qui arrive à échéance sous peu. Autre interpétation, sous peu ce sont les mytiliculteurs qui vont diriger directement le CCC. Il est donc tentant pour le syndicat mixte de laisser trainer pour que les successeurs se débrouillent avec le problème (signalé en 2011).

On avait appris également, dans le livre-programme de Xavier Bertrand, qu'il s'occuperait particulièrement des sites touristiques de prestige, dont celui de la Baie de Somme, Grand Site de France. Depuis pas de nouvelles.

En continuant les investigations, on peut relever quelques informations, bonnes et moins bonnes, certaines stupéfiantes:

1) La bonne nouvelle est qu'il existe un collectif des riverains "Pour mieux vivre en Baie de Somme, au Crotoy". Il s'agit essentiellement des riverains qui reçoivent plein pot l'odeur pestilentielle des fossés autour du centre conchylicole, amenée par les vents dominants d'Ouest.

2) Par ailleurs il existe également une association, LCPA, Le Crotoy Préservé et Authentique, qui partage le même combat.

3) La Maire du Crotoy a (re)contacté le Président du syndicat mixte Baie de Somme pour lui signaler la plainte des riverains concernant les odeurs nauséabondes du centre conchylicole. En fait, ce problème a été soulevé par le GEMEL dès le départ, cad en 2011.

4) La Préfète de la Somme est également au courant du problème, et propose une nouvelle étude technique pour proposer les travaux prioritaires pour améliorer la situation. Un rapport de plus.

5) Le Comité régional Conchyliculture a un chargé de mission qui a pris bonne note de la pollution olfactive au niveau des résidences environnant le centre conchylicole du Crotoy (CCC). Il propose la pose de plaquettes anti-odeur dans le centre conchylicole. Une estimation de l'efficacité de ce système est en cours.

6) Un énorme réservoir d'eau de mer purifiée par Véolia est à la disposition des mytiliculteurs pour le nettoyage de leurs coquillages.

Mais l'utilisation de cette eau est minimale, car la facture est salée (comme l'eau), et les mytiliculteurs peu dépensiers. Ce qui fait que les eaux de lavage utilisées au minimum sont très riches en impuretés.

7) La station de traitement du centre est largement sous-dimensionnée. Pas par un facteur 2, mais par un facteur 10.

Les eaux de lavage des coquillages devraient être filtrées sur sable puis traitées par ultra-violet pour les stériliser.

Ces eaux devraient donc être claires et sans odeur.

La résurgence libère des eaux noirâtres et malodorantes, indiquant qu'il n'y pas de traitement suffisant.

Après lavage, des boues s'accumulent dans un puisard et dans le fossé périphérique. Les boues récoltées seraient jetées discrètement sur la réserve ornithologique, car rien n'est prévu pour les recueillir et les traiter.

 

8) La résurgence qui relargue l'eau de lavage des moules dans la zone de baignade (à 100 m de la plage), eau qui se présente sous forme d'un jus noirâtre et nauséabond, est envoyée par une pompe du CCC. Le débit est important.

Chose incroyable, les différents comités et organismes concernés par le centre conchylicole ou par la Baie de Somme (une dizaine, voir plus loin) ont décidé en 2010 que les eaux de lavage du CCC, certes traitées, pouvaient être envoyées directement dans la Baie de Somme, à 100 mètres de la plage.

Les eaux du CCC à ce niveau sont supposées traverser un lit de galet purificateur. Au niveau du point terminal, il y a un regard (plaque de fonte ronde, comme celle des égouts, ce qui est approprié).

On observe en fait que l'eau qui devrait traverser la couche de galets et de sable filtrants sort par le regard, la pression de l'eau soulevant la plaque d'égout. Au moment où le débit est plus fort, cela fait ce que les enfants du pays appellent "le geyser".

C'est là qu'ils se baignent joyeusement. La plaque ronde du regard est recouverte par quelques centimètres d'eau en mouvement. Mais on ne la voit pas car l'eau est trop sale.

 

9) L'analyse "scientifique" de l'origine des pollutions dans une vingtaine d'endroits stratégiques de la Baie de Somme a débuté en 2014.

A première vue, une analyse coûteuse et qui ne permettra pas de conclure quoi que ce soit, sinon que là où il y a une forte odeur d'H2S de la résurgence conchylicole (signe olfactif incontestable d'une eau à problème), l'étude "scientifique" ne détecte rien. C'est physiquement et biologiquement impossible, l'H2S (gaz Hydrogène Sulfuré, cad dire qu'il sent l'oeuf pourri) signant une prolifération bactérienne anaérobie.

Mais si les analyses de contrôle sont faites (par hasard) au moment de lachers d'eau propre, cela devient compréhensible. Il y a certainement tromperie. Si c'est faux, il suffira de nous le démontrer en détail, mais un petit tableau Excel ne suffira pas. (Où (dans les fossés, dans la baie, dans le regard?), quand (dans la journée, en pleine période d'activité, dans les eaux de lavage des moules ou dans les eaux de rinçage, en quelle saison (moules, hénons?), par qui (par quel laboratoire assermenté, sans prévenir?).

10) Cerise sur le gâteau, des tuyaux de tout à l'égout indésirables venant de maisons voisines aboutiraient dans les fossés du CCC, rajoutant une pollution de fèces humains.

11) Pour finir par de bonnes nouvelles pour le futur, deux projets intéressants sont étudiés: le premier est de dépolluer les eaux et boues de lavage par des vers marins, les néréis. Ces vers riches en protéine pourraient être utilisés pour l'aquaculture.

12) De même, les coquilles du CCC et des restaurants pourraient être récupérées et traitées pour être utilisées par l'agriculture.

Enfin, il y a dans cette affaire des gens pleins de bonne volonté, mais la régulation très complexe, et les règles européennes, imposent rapports sur rapports, alors qu'avec un peu de dialogue et du bon sens, l'affaire aurait été réglée depuis longtemps. Il y a aussi des gens aux manettes incompétents puisque l'affaire de la pollution date du lancement du CCC, il y a 6 ans.

 

CONCLUSION:

Dans ces deux dernières informations (12, 13), nous sommes dans un cercle vertueux.

Actuellement nous sommes dans un cercle vicieux où les conflits d'intérêts à court terme l'emportent.

Faute de réaction positive de la part de la commune et des mytiliculteurs et organismes qui gèrent le centre, tout cela va conduire inévitablement à l'interdiction de baignade sur Le Crotoy et à la fermeture du centre de conchyliculture dans moins de deux ans.

 

 

REMARQUES: LA BAIE DE SOMME D'INTÉRÊTS CONTRADICTOIRES

  1. - Il est évident que la pollution de la Baie de Somme peut être multiple.
  2. - Il est évident qu'il faut s'attaquer à chaque type de pollution.
  3. - Le problème des moutons de l'estran, en surnombre peut être, en est un.
  4. - Idem pour la station d'épuration du Crotoy, sous dimensionnée.
  5. Le problème des fossés nauséabonds derrière le centre conchylicole, qui polluent l'atmosphère des riverains est majeur (trouble de jouissance, stress pour les riverains).
  6. -le rejet direct en Baie de Somme, dans la zone de baignade, du jus pourri de moules et coques est inquiétant en terme de santé publique et de recontamination des coques.

Ainsi, la facilitation du transit des eaux polluées du centre conchylicole, pour vider les fossés, au profit d'un rejet direct dans la baie, qui semble préconisé par les responsables de tous bords, est un déplacement de pollution, mais certainement pas un traitement suffisant du problème.

La seule solution logique, et pas besoin d'expert pour proposer cette solution, serait de traiter correctement les eaux usées du centre conchylicole, pour les rejeter sans problème dans la baie. Le simple nez suffira pour attester que les eaux usées sont bien traitées et peuvent être rejetées. Il faut donc une station d'épuration propre au centre conchylicole. C'est cher, certes, mais le centre qui pollue terriblement verra inévitablement son existence menacée. Nous proposons une solution bien plus simple, bien plus efficace et bien moins chère, basée sur le bon sens (voir plus loin).

Ajouter des produits masquant l'odeur serait une tromperie. Autrement dit, il faut s'attaquer aux causes et non aux conséquences. Tout traitement pour éviter les odeurs ne serait qu'une plaisanterie de mauvais goût (et de mauvaise odeur).

Au fait,.... que donne l'analyse bactériologique de ce rejet dans la zone de baignade? Une vraie analyse, indépendante, avec un suivi en fonction des périodes d'activité et des saisons, avec les riverains et la LCPA comme témoins au moment des prélèvements, est indispensable.

Faudra t-il porter plainte pour trouble de jouissance et nuisance intempestive et délibérée par pollution générant création du stress chez les riverains pour faire avancer le dossier?

Des conseils juridiques sont recherchés. Si un avocat peut défendre notre cause, il sera le bienvenu. Retour sur investissement garanti. Si vous pouvez nous aider, d'une manière ou d'une autre, contactez directement la LCPA svp.

ENFIN, pour rester positif, pourquoi ne pas utiliser une solution peu couteuse (par rapport aux enjeux de santé publique) et zéro défaut. Voir la proposition BDF.

 

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